vendredi 19 octobre 2012

Les Juifs « hébergés » en France… ?

Notre pays est réputé pour sa générosité et l’accueil qu’il a toujours consenti aux plus faibles et aux plus démunis, que ce soient des demandeurs d’asile ou toutes sortes de gens issus de minorités persécutées.

C’est ainsi que notre pays a depuis des générations accueilli, avec plus ou moins de fortune, des populations en marge. Les Juifs eux-mêmes ont été en leur temps accueillis avec bienveillance, même s’ils ne goûteront véritablement à la citoyenneté française qu’après la révolution. La communauté juive, quoique cultivant sa singularité culturelle et religieuse, est souvent présentée en modèle d’intégration, voire même d’assimilation, et forge aujourd’hui  l’identité française au même titre que toutes les composantes de la communauté nationale.

Voilà donc que l’AFP (Agence France Presse), le 9 octobre dernier, a cru nécessaire de formuler les choses de la façon suivante : « la France héberge entre 350 000 et 500 000 juifs, selon les estimations ». Je ne polémiquerai pas sur les estimations erronées qui de toutes les manières sont impertinentes, dès lors que tout sondage sur la base de la race ou de la religion est interdit dans notre pays  depuis un décret d’août 1944. C’est plutôt l’idée que la France « héberge » des Juifs qui doit surprendre, pour ne pas dire plus… Merci à Guy Konopnicki du magazine Marianne d’avoir fait remarquer à l’AFP son « erreur » - corrigée le lendemain. Il est clair que l’idée qu’une nation « héberge » une population, sous-entend bien des choses et notamment que cette dernière lui est étrangère, ce qui n’est bien évidemment pas le cas des Juifs qui sont considérés comme des individus intégrés.

Anecdotique cette histoire ?... Peut-être. Ou peut-être faudrait-il finalement mettre tout cela sur le compte d’une erreur sémantique de la part d’un journaliste trop pressé ou trop zélé ?...

Mais comment donc un « esprit » bien éduqué a-t-il pu imaginer un seul instant que la communauté juive puisse être hébergée en France ?... L’erreur aurait-elle pu être commise s’agissant des Alsaciens ou des Bretons ?... Certes non. D’où vient donc que l’on prête aux Juifs de ne pas faire tout à fait partie de la communauté nationale ?... On se le demande.

Mais d’erreur en erreur, de plus en plus de Juifs s’interrogent sur la pertinence à rester encore en France. L’insécurité y est grandissante pour les Juifs et, de l’avis de tous, cela ne va pas aller en s’améliorant. Se promener avec une kippa sur la tête ou, tout simplement, avoir une bonhomie trop typée, devient une entreprise à risque élevé.
Beaucoup a déjà été écrit sur le sujet et la plupart des Juifs sont probablement partagés entre deux options : La première, celle d’une capitulation face à la pression ambiante et l’impossibilité de vivre en définitive comme tous les autres citoyens français. A terme, cela signifie faire ses valises et quitter « l’hébergement temporaire » que la France nous avait apporté. La seconde, sans doute plus téméraire, vise à relever le défi en montrant que nous avons pleinement notre place au sein de la communauté nationale, gommant les erreurs que trop insupportables dont nous sommes l’objet.

L’une comme l’autre risquent fort de renforcer le dilemme qui se présente à chaque Juif. Le renforcement de son identité ou son assimilation totale. Existe-t-il une autre option?... Et pour combien de temps ?...

J’aime à penser que la place du peuple d’Israël parmi les nations n’est que pour un temps, comme l’évoque le prophète Ezéchiel (39.22 à 39) :

La maison d’Israël reconnaîtra que je suis l’Éternel, son Dieu, Dès ce jour et à l’avenir. Les nations reconnaîtront que c’est à cause de ses fautes Que la maison d’Israël a été déportée, A cause de ses infidélités envers moi ; Aussi leur ai–je caché ma face, Et je les ai livrés entre les mains de leurs adversaires Afin qu’ils tombent tous par l’épée. Je les ai traités selon leurs souillures et leurs crimes, Et je leur ai caché ma face. Eh bien ! Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Maintenant je ramènerai les captifs de Jacob, J’aurai pitié de toute la maison d’Israël Et je serai jaloux de mon saint nom. Alors ils oublieront leur opprobre Et toutes les infidélités qu’ils ont commises envers moi. Ils habiteront en sécurité sur leur territoire, Sans que personne ne les trouble. Quand je les ramènerai d’entre les peuples, Quand je les rassemblerai des pays de leurs ennemis, Je serai sanctifié par eux Aux yeux de beaucoup de nations. On reconnaîtra que je suis l’Éternel, leur Dieu, Qui les avait déportés chez les nations Et qui les réunit sur leur territoire ; Je ne laisserai là–bas aucun d’entre eux. Et je ne leur cacherai plus ma face, Car je répandrai mon Esprit sur la maison d’Israël, –– Oracle du Seigneur, l’Éternel.

Le contexte est celui des temps de la fin, mais je pense qu’en dépit des apparences, Dieu reste au contrôle de la situation et qu’il ne laissera pas un seul de ses enfants en arrière.

On peut s’inquiéter de perdre beaucoup ici-bas, mais qu’est-ce donc en comparaison de ce que le Seigneur nous prépare ?... A l’instar d’Abraham, nous ne sommes jamais que des résidents temporaires sur cette terre.
Finalement, cela me « plaît bien » d’être considéré comme un « hébergé » temporaire… Il faudra bien faire ses valises un jour et je n’aime pas porter trop lourd.

mercredi 10 octobre 2012

La stratégie de « l’autruche » qui ne paiera pas…

Ces derniers jours, les forces de police ont procédé à l’arrestation d’une douzaine d’islamistes radicaux impliqués dans l’attentat contre une boutique cacher de Sarcelles. Il semble que l’enquête ait également déterminé que ce même groupuscule préparait d’autres attentats à l’explosif contre des institutions juives.

Le ministre de l’Intérieur a souligné avec justesse la gravité des faits commis et/ou en préparation. Que les cibles aient été juives et les auteurs musulmans embarrasse certes, mais sans surprendre complètement les médias.

Zappant dernièrement d’une chaîne d’information à une autre, j’ai pu prendre la mesure de tout ce qui était fait pour dédramatiser et limiter l’ampleur des mouvements islamistes démantelés, quand bien même ils seraient plusieurs centaines dans le pays à pouvoir passer à « l’acte » sans que l’on puisse l’anticiper. Et de rappeler les affaires les plus récentes comme celle des assassinats commis par Merah l’année passée. Des assassinats d’enfants qui resteront gravés dans les mémoires pour longtemps. Les journalistes ne manquent pas de souligner le sérieux de la situation, mais il convient à leurs yeux avant tout de ne surtout pas faire d‘amalgame avec la religion de paix qu’est l’Islam. Les énergumènes qui, il y a quelques jours, ont lancé une grenade dans ce magasin cacher sont presque présentés comme des épiphénomènes analphabètes qui ne savent pas interpréter correctement le Coran et ne savent que se nourrir d’une haine farouche à l’encontre des Juifs, un antisémitisme quasi spontané, né d’un esprit dérangé ou malade.

On veut nous donner l’impression que cet antisémitisme de banlieue, violent et issu d’une population musulmane mal intégrée, est une réalité récente et marginale.

Or il n’en est rien. Cela fait des décennies que des attentats sanglants visent la communauté juive française et ses institutions. Que le Président Hollande d’un côté, des dirigeants politiques de tous bords de l’autre, s’évertuent à rappeler que la France ne permettra pas que l’on s’attaque à ses concitoyens juifs sur la base de  leur appartenance religieuse ressemble que trop à un aveu d’impuissance face aux cris d’une haine suant des quartiers chauds des grandes villes.

Le discours, aussi volontariste qu’il puisse paraître, n’en demeure pas moins vidé de sa substance et comparable à l’autruche enfouissant sa tête dans le sable, ne voulant pas voir la réalité en face.
La France continue à refuser de classer le Hezbollah irano/libanais parmi les milices terroristes qui avec la quasi-totalité des organisations violentes anti-israéliennes sont avant tout animées par une haine antisémite viscérale d’origine religieuse.

L’Islam est présenté officiellement comme une religion de paix, mais les autorités refusent d’entendre les discours au mieux ambigus, mais souvent ouvertement antisémites et anti-occidentaux, que l’on entend ici et là dans certaines mosquées de notre pays et de la part d’imams parfois autoproclamés de banlieue ou dans les prisons. Il s’agit ici d’une « bombe » à retardement qui a déjà commencé à péter à la figure des politiques. Reste que Monsieur Prasquier (Président du CRIF) a eu raison de comparer l’islamisme radical au nazisme, n’en déplaise à Monsieur Bruno Le Maire (ancien ministre UMP) qui craint peut-être que la comparaison enflamme les banlieues qu’il ne voit pas déjà brûler. L’idéologie de haine et de destruction du peuple juif se retrouvent en commun de ces deux mouvements qui prônent le meurtre de tous les Juifs. Faire ce constat conduit forcément à devoir prendre des mesures adaptées pour faire face à l'un comme à l'autre de ces fléaux. Mais qui en paiera le prix?...

Faire un mauvais diagnostic ou se tromper de diagnostic est déjà en soit une erreur qui peut s’avérer fatale. Faire le bon diagnostic et choisir le mauvais traitement n’aboutit pas une meilleure issue. Mais faire le bon diagnostic et refuser d’entreprendre la thérapie qui s’impose, c’est une attitude coupable dont nos dirigeants devront rendre compte.

Finalement, dans cette histoire d’autruche qui enfouie sa tête, je n’ai jamais trop compris ce qui en définitive lui arrivait. Probablement le pire…

Guy ATHIA

lundi 17 septembre 2012

Y-a-t-il encore quelqu’un pour fixer une « ligne rouge » ?


Depuis quelques jours foisonnent dans l’actualité une multitude d’opinions et d’idées contradictoires relatives à la nécessité ou non d’établir avec l’Iran et son programme nucléaire une « ligne rouge ». Une « ligne rouge » qui, cela dit en passant, signifierait une limite au-delà de laquelle la confrontation militaire entre la république islamique d’Iran et ceux qui lui contestent son « droit » à disposer d’une technologie lui permettant de fabriquer une bombe atomique, serait inéluctable. En disant cela, j’affirme qu’il faudrait vraiment être naïf pour croire encore à ce stade que les iraniens cherchent à ne faire qu’un usage pacifique de l’énergie nucléaire.
Le premier ministre israélien a ces derniers jours manifesté son impatience et souligné, sans doute avec raison, qu’en l’absence de « ligne rouge », les iraniens ne se sentiraient nullement contraints de mettre un terme à leur programme nucléaire. Faut-il rappeler que toutes les négociations menées jusqu’ici par les diplomates n’ont rien donné ? Les sanctions économiques, si elles ont pu gêner un petit peu le fonctionnement du pays des Mollahs, ne sont absolument pas suffisantes, d’autant que plusieurs grands pays n’hésitent pas à contourner l’embargo international, limitant l’impact même d’éventuelles futures mesures.

Les dirigeants occidentaux ont en fait déjà capitulé et accepté dans leurs équations un Iran nucléarisé. Les préoccupations intérieures, les déficits et autres difficultés politiques n’encouragent pas l’interventionnisme des Etats à l’autre bout du monde. En attendant, l’Iran se frotte les mains, à moins que… en définitive, Israël n’intervienne seul pour détruire les ambitions hégémoniques des dirigeants iraniens. Les puissances occidentales, qui réfléchissent à court terme, n’y voit que des inconvénients. En effet, un conflit dans cette région du monde entrainerait une flambée des prix du pétrole et même un risque de pénurie consécutivement au blocage du détroit d’Ormuz… Pas de quoi enchanter les électeurs potentiels qui font le plein à la pompe.

Ceci étant, on en oublie le sens premier d’une « ligne rouge ». Il s’agit rien de moins que de fixer des limites, définir des règles claires à l’intérieure desquelles s’exerce la liberté. L’exercice du pouvoir consiste justement à fixer des limites réalistes et à les appliquer, sans quoi, c’est le désordre et l’insécurité.

L’hypocrisie qui consiste à tergiverser avec l’Iran sans jamais fixer la moindre limite au-delà de laquelle on exercerait une autorité coercitive, c’est avouer sa faiblesse et contribuer à renforcer la détermination des hommes au pouvoir à Téhéran.

Dans un tout autre registre, alors que nous devrions attendre du législateur qu’il fixe des limites, une autre « ligne rouge », qui serve de cadre structurant les fondements de notre société, c’est tout l’inverse qui se produit. Sous prétexte de progressisme et de volonté de corriger une soi-disant inégalité, le gouvernement français s’apprête à légiférer sur le mariage des personnes de même sexe, ainsi que l’adoption pour ces couples ainsi formés. Pour beaucoup, on ébranle les fondements même de notre société au profit d’attelage disparates et contre natures. Certes, nous sommes dans un pays de libertés d’opinions, sauf que justement l’opinion de l’enfant et son droit à disposer d’un père et d’une mère ne pèsent plus lourd face au poids de l’égoïsme des adultes et la volonté de présenter l’homosexualité comme un cadre familial normal.

Quand je pense qu’en Allemagne, on a déclaré la circoncision illégale parce que l’enfant n’était pas capable d’exprimer son consentement en la matière… il me vient à l’esprit le dernier verset du livre des Juges qui traduit l’état d’esprit de notre monde : Chacun faisait ce qui lui semblait bon… Une réelle illusion de liberté !


Guy ATHIA

mercredi 29 août 2012

L’automne sera chaud au Moyen-Orient

L’été qui tire doucement vers sa fin aura été marqué par des alternances d’excès de pluie pour les uns, de soleil pour les autres, de fraicheur ou de chaleur insupportable pour d’autres encore. Des sujets de plaintes qui ont alimenté à outrance les journaux télévisés, à croire qu’il ne se passait rien d’autre dans le monde.

Dans l’actualité pourtant, outre les Jeux Olympiques, c’est surtout l’impuissance de la communauté internationale à faire cesser les violences en Syrie qui a prévalu et aujourd’hui encore. Une présentation souvent manichéenne du conflit encourage le public à prendre le parti des « rebelles » en quête de liberté et de démocratie contre le monstre sanguinaire et meurtrier du clan alaouite, Bachar et son armée. Les choses sont pourtant loin d’être aussi simples dans cette région tourmentée par des guerres à répétition depuis longtemps. En réalité, depuis au moins deux ans, plusieurs lignes convergent pour aboutir à une confrontation militaire inéluctable entre Israël et ses voisins.

La première d’entre elles et qui vient immédiatement à l’esprit, est la course de l’Iran pour acquérir l’arme atomique avec par ailleurs les vecteurs pour l’employer, à savoir des missiles balistiques de plus en plus performants et capables d’atteindre à terme tout lieu sur la planète. Il convient de rappeler que le clan des pays capables de lancer des missiles intercontinentaux est actuellement très fermé. Après un temps d’aveuglement, les nations occidentales ont réalisé que la menace iranienne était très sérieuse et que le programme nucléaire de ce dernier n’avait rien de pacifique. Si on y ajoute un discours impérialiste, voire même exterminationiste des dirigeants iraniens à l’encontre d’Israël, la menace dépasse la raison et doit conduire à une réaction en rapport avec le danger potentiel. Ceux qui prétendent que l’on peut laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire, ce pour diverses raisons, oublient bien vite que l’arme nucléaire n’est pas qu’un outil de persuasion pour se prémunir d’une attaque existentielle, mais un formidable moyen de pression pour assoir ses velléités impérialistes. Il suffit pour s’en convaincre de constater comment la Corée du Nord, que l’on sait dotée de la puissance atomique, tient tête à toutes les puissances du monde, tandis qu’il s’agit d’un pays économiquement et démographiquement plutôt faible. Assurément, l’Iran avec des armes nucléaires déséquilibrerait totalement la région en tentant d’imposer son autorité sur ses voisins producteurs de pétrole, en soutenant les minorités chiites violentes et en faisant plier les occidentaux dépendant de l’or noir du Golf. Si on y ajoute le terrorisme activement soutenu par l’Iran, les services de sécurité ont du souci à se faire. Il est clair également que l’Iran doté de la bombe pousserait toutes les nations arabes alentours, sunnites, à une course effrénée vers l’arme nucléaire. Une situation compliquée que personne ne souhaite en occident.
Cette première ligne rouge ne peut aboutir qu’à deux solutions. Soit une action militaire sérieuse vient stopper nette la course iranienne à l’armement atomique, dissuadant du même coup d’autres de dépenser des milliards à cette même  fin, soit il faudra à l’avenir vivre avec une nouvelle menace sérieuse et les pressions insupportables des mollahs iraniens. Or le point de non-retour du programme iranien est très proche.

Une deuxième ligne de convergence est ce que les médias ont fini par appeler les « révolutions arabes ». Les bouleversements politiques ayant conduit à l’émancipation de plusieurs pays de leurs dictateurs autocrates ont commencé il y a plus d’un an et il est possible de percevoir à présent dans quel sens le vent du changement souffle. Or force est de constater que les nouveaux dirigeants de la Tunisie, de la Lybie ou de l’Egypte ont une conception très particulière de la démocratie, des droits de la presse ou du statut de la femme. L’islamisme radical s’installe durablement dans ces pays et n’augure rien de bon pour les populations, notamment les minorités ou les femmes. L’instabilité politique s’ajoute aux tensions ethniques et religieuses, en particulier entre sunnites et chiites, deux branches de l’Islam qui s’opposent partout au Moyen-Orient. Ces tensions se traduisent en affrontements armés en Syrie où la minorité alaouite au pouvoir est épaulée par l’Iran, le Hezbollah et des factions chiites, faisant face aux islamistes sunnites, soutenus militairement par le Qatar et l’Arabie Saoudite. Au Liban également, les frictions entre factions rivales sunnites et chiites ont déjà fait plusieurs morts et blessés et pourraient dégénérer en une nouvelle guerre civile intra libanaise. Des tensions sont aussi palpables en Jordanie et en Arabie Saoudite où des mesures ont été prises pour apaiser la contestation sociale. Assurément la poudrière moyen-orientale a rarement été aussi instable. Comme le soulignait récemment un général israélien, il ne manque plus que l’allumette pour tout faire sauter… La pression monte et on ne voit pas trop ce qui pourrait la faire diminuer.

La troisième ligne de convergence est en fait une date butoir, celle des élections américaines de début novembre. Barak Obama est en pleine campagne électorale. Il ne cache pas son opposition à une intervention armée contre l’Iran et pense que le monde peut s’accommoder d’une bombe atomique iranienne. Cependant, si Israël intervient militairement avant les élections, il ne pourra pas éviter un engagement clair de l’Amérique au côté de son allié, sans quoi son élection en serait fortement hypothéquée. L’opinion publique américaine, au moins sur ce dossier, ne lui apporterait pas son suffrage.
Les européens de leur côté affichent leur désunion et leur impuissance à imposer leurs propositions.

Trois lignes convergent vers ce qui pourrait être une confrontation militaire majeure dans une région aux enjeux économiques (le pétrole) cruciaux. Reste que « l’allumette » qui pourrait tout déclencher n’est pas connue à ce jour. Tout est encore possible. Des forces spéciales occidentales sont pré-positionnées depuis plusieurs semaines au cas où l’usage ou le déplacement d’armes chimiques syriennes seraient constatées. Israël par ailleurs se réserve le droit d’intervenir à tout moment afin de sauvegarder sa sécurité, et la population est fortement préparée à cette hypothèse. Nous ne sommes pas à l’abri non plus d’initiatives en provenance de l’Iran, du Hezbollah ou de leurs supplétifs.

Ce qui est certain, c’est que ce conflit, à la différence de ceux qui les ont précédés, sera pour Israël d’un coût humain déjà estimé par le ministre de la défense à au moins 500 morts et que les civils seront autant sinon plus en danger que les militaires eux-mêmes. C’est dire si la décision des politiques d’engager le combat est difficile.
Pour Israël, une fois de plus, cette guerre sera une guerre mettant en péril son existence même. L’échec n’est donc pas acceptable, ni même concevable.

Sur un tout autre plan, spirituel cette fois, la pression monte également et les ennemis déclarés d’Israël doivent savoir qu’en s’opposant au peuple de Dieu pour le détruire, ils s’opposent à Dieu lui-même.

Je ne souhaite la mort de personne ni qu’aucune guerre ne se déclenche, mais ma prière est que tous reconnaissent, tant Israël lui-même, que ses ennemis qu’il n’y a qu’un seule chemin pour la paix est qu’il passe par la reconnaissance de son Machia’h, Yéchoua’ le Messie. Folie ?... Sans doute, mais le temps presse et l’heure de la confrontation a sonné, l’heure pour beaucoup de comparaitre devant le Seigneur pour y être jugé. Et qui est assez fou pour ne pas s’y être préparé ?...

Guy ATHIA

vendredi 13 juillet 2012

La circoncision ou l’Alliance des mots…


Genèse 17.9-11

Dieu dit à Abraham : Toi, tu garderas mon alliance, toi et tes descendants après toi, dans toutes leurs générations.
Voici comment vous garderez l’alliance que je traite avec vous et avec ta descendance après toi : tout mâle parmi vous sera circoncis.
Vous vous circoncirez comme signe d’alliance entre vous et moi.


Cette parole de l’Eternel, adressée à Abraham, ordonne à ce dernier d’observer le rite de la circoncision pour lui et son clan, puis pour toutes les générations qui viendront après lui, comme le signe de son appartenance à l’Alliance établie par l’Eternel avec Abraham.

Depuis lors, cette prescription s’est perpétuée et il ne viendrait à l’esprit de personne de censé, de remettre en cause cette pratique ancestrale. Et pourtant…

Il y a quelques jours, un tribunal de Cologne (en Allemagne) a déclaré la circoncision illégale[1]. Des juges ont estimé que cette pratique était contraire à l’intérêt de l’enfant et portait atteinte à son intégrité physique, estimant par ailleurs qu’elle constituerait un obstacle à son libre arbitre en matière de religion, n’étant pas, vu son jeune âge, en mesure de faire un choix en toute liberté. Les magistrats sont allés jusqu’à demander que la circoncision ne soit autorisée qu’avec le consentement de l’individu (est-ce à dire à sa majorité ?).

Cette décision qui pourrait faire jurisprudence provoque de nombreuses réactions, aussi bien parmi les Musulmans que parmi les Juifs. Déjà plusieurs médecins ont refusé de pratiquer la circoncision par crainte d’être poursuivis en justice. Le monde chrétien ne s’est pour l’instant pas prononcé, du moins n’en n’ai-je pas eu l’écho… en Allemagne. Imaginons seulement qu’une mesure semblable soit prise en France. Assisterions-nous au même mutisme ?... Pour l’heure, seuls les rabbins en Europe et les autorités musulmanes tentent de réagir pour s’opposer à cette décision de justice.

Il convient à ce stade de relever que dans l’histoire, nombreux ont été les régimes à prendre des mesures semblables pour s’opposer frontalement à des minorités, notamment les Juifs. C’est ainsi que les Romains, à certaines périodes, ou encore l’église catholique à ses heures les plus noires, ont cherché à empêcher ou limiter les pratiques telles la circoncision, les fêtes ou le Chabbat. Sans préjuger des motivations des juges du tribunal de Cologne, il me semble difficile d’imaginer que ces magistrats n’aient pas réalisé que leur décision d’interdire la circoncision (à caractère religieux, la prescription médicale reste autorisée) portait atteinte aux racines mêmes des religions juives et musulmanes. Que va-t-on faire ensuite ?... Arrêter et condamner les médecins et rabbins circonciseurs ?... Mettre à l’amende les parents transgresseurs de la loi, coupables « d’actes de barbarie » sur leurs propres enfants ?...

Même si la circoncision a été ces dernières décennies l’objet d’avis les plus divers dans le monde médical, aux Etats-Unis, pour ne citer que cet exemple, la majorité des jeunes garçons sont circoncis pour des raisons d’hygiène.

Pour aller plus loin, il n’est pas inutile de rappeler ici que la circoncision – Brit Milah en hébreu – signifie littéralement l’Alliance de la coupure, ce qui peut aisément se comprendre. Mais il apparait significatif que le terme Milah en hébreu signifie également « mot ». En d’autres termes, l’Alliance de la coupure peut aussi se traduire par l’Alliance du mot, ou par extension des mots.

La coupure exercée sur l’excroissance de l’organe génital masculin a aussi valeur de symbole pour signifier que l’Alliance divine doit être transmise de génération en génération. Le jeune garçon, puis l’homme, toute sa vie, doit se souvenir de l’héritage qu’il a reçu et qu’il est appelé lui-même à transmettre. Toute la pensée et la tradition juives s’inscrivent dans la notion fondamentale de la transmission.

Pour le peuple juif, il ne s’agit pas d’une option, pas même d’un choix de vie ou de foi, mais d’une responsabilité individuelle et collective de transmettre les bases de l’Alliance établie par l’Eternel avec Abraham le patriarche.

La foi est bien entendu une affaire personnelle qui sera l’objet d’un choix ultérieur quand l’individu sera en âge de comprendre et de décider. Mais la circoncision inscrite dans sa chair est comme une invitation permanente à se rattacher à la foi d’Abraham et à garder l’Alliance de Dieu, et même à la transmettre ensuite à la génération future.

Le témoignage par la coupure dans la chair invite au témoignage par les mots sortants de la bouche car, en définitive, la circoncision ne s’arrête pas à un acte chirurgical. La foi exprimée par des mots n’est autre que l’expression d’une circoncision du cœur (Jérémie 4.4), celle que tous les prophètes appellent de leurs vœux. Les apôtres ne se lassent pas de répéter le lien entre la foi d’Abraham, la circoncision du cœur et la circoncision dans la chair (Romains 2.25 et suivants ; Romains 3.1 ; 4.11 et suivants). Et le plus important est bien entendu l’obéissance à la foi, la circoncision du cœur.

Mais parce que Dieu fait preuve de pédagogie et même de psychologie, la circoncision dans la chair est depuis des millénaires un signe de l’Alliance divine, une invitation à la foi. Celui qui s’y soustrait, ou plus exactement qui s’y refuse pour ses enfants, rompt en quelque sorte l’Alliance de la transmission à laquelle il est lié par son ascendance. Genèse 17.14 le déclare coupable.

Je ne sais pas ce qui résultera des démarches en cours pour s’opposer à la décision scandaleuse de ce tribunal de Cologne, mais il est clair qu’elle est de nature spirituelle et s’oppose, au-delà des rites et traditions juives (et musulmanes en l’occurrence), à Dieu lui-même.

Le monde chrétien pour l’instant se tait, pour combien de temps…

Guy ATHIA


jeudi 5 juillet 2012

Qui a encore peur de la "bombe iranienne"?...

Depuis plusieurs années, les puissants de ce monde s’inquiètent, avec raison, des velléités iraniennes à se doter de l’arme atomique. Tous les rapports (ONU, AIEA, services de renseignements, etc.) vont dans le même sens pour craindre, qu’au-delà des discours officiels, l’Iran dissimule la volonté d’acquérir l’arme suprême, celle qui lui permettra d’assoir son hégémonie et empêcher quiconque de la lui contester. Tandis que les nations tergiversent sur la meilleure façon d’empêcher les iraniens d’arriver à leur fin, le temps passe et la solution militaire se dessine de plus en plus comme l’ultime option. Mais plus on se rapproche de l’échéance, plus les hésitations refont surface et le discours s’édulcore.

C’est ainsi que j’ai pu découvrir récemment l’article d’un « spécialiste » sur l’Iran - Thierry Coville[1] - prétendre que finalement, la bombe atomique iranienne ne serait pas forcément si « dangereuse ». Et d’argumenter qu’il était « ridicule » de voir dans l’Iran une volonté de déstabiliser ses voisins. L’aspiration du peuple iranien à la modernité finirait par l’emporter et le bon sens qui va avec. Le chercheur de conclure qu’en définitive ce sont les peuples de la région qui règlerons in fine le problème lié au nucléaire.

La clairvoyance de ce « spécialiste » de l’Iran frappe les yeux. Mais comment donc ne s’était-on pas rendu compte plus tôt que le problème était purement régional et que la bonne volonté des peuples  était la seule sinon l’unique solution?... A moins que l’auteur de l’article ait suggéré implicitement que « rayer » Israël de la carte à coup de missiles nucléaires soit le meilleur moyen d’établir la paix au Proche-Orient et construire la réconciliation entre les peuples.

L’aveuglement serait-il ici de bonne foi ?... A-t-on oublié que l’arme atomique n’est pas qu’un simple moyen de dissuasion militaire afin d’éviter les conflits armés entre grandes puissances ?... La Corée du Nord, qui ne brille pas par ses succès économiques, peut, par la détention de missiles nucléaires, tenir tête aux « Puissants » et mener un chantage que bien peu osent avouer. Quant à l’Iran, on connait ses accointances avec le terrorisme international et sa volonté d’imposer ses « règles » à toute la région et même à l’Occident. Le leader iranien ne cache pas non plus ses aspirations à détruire Israël. Par ailleurs, on sait aussi qu’en matière de prolifération nucléaire, la Corée du Nord et le Pakistan ne sont pas fiables, alors que dire de l’Iran ?... La détention par cette dernière de l’arme atomique conduirait immanquablement les pays arabes de la région à chercher activement à se doter des mêmes armes. Qui peut en douter ?...

La seule solution, on la connait depuis le début hélas… et il est fort à parier qu’en temps de crise et de restriction budgétaire, conduire une guerre coûteuse à des milliers de kilomètres soit une entreprise risquée et bien peu payante électoralement parlant. Mais était-il nécessaire pour autant de mentir au public en déclarant la bombe atomique iranienne peu « dangereuse » afin de justifier une non intervention ?...  Il est probable que seul Israël, avec peut-être le soutien américain, soit en mesure de stopper la course à l’armement nucléaire des iraniens et/ou de ses voisins. Faut-il s’en inquiéter ?... Ou faut-il s’enquérir des meilleurs moyens de lutter contre celui qui, en filigrane, cherche à retarder le retour du Messie Yéchoua’ ?...

Nous vivons des temps troublés où la géopolitique, le jeu économique mondial et les conflits militaires s’entrecroisent pour tisser la toile de fond des temps de la fin. La vérité se heurte au mensonge ambiant qui séduit les peuples. Dans ce contexte, il convient de rester attaché à la vérité de la Parole de Dieu.

D’une manière ou une autre, l’auteur de l’article avait raison au moins sur un point. Israël est au cœur de la géopolitique des temps que nous vivons et il l’est aussi dans l’agenda du diable. Mais il en est un, le Seigneur, le Dieu d’Israël qui, souverainement, reste maître de la situation. C’est lui qui aura le dernier mot…

Guy ATHIA